[ENTRETIEN] Les fauteuils roulants sont-ils vraiment remboursés à 100%?

December 16, 2025 00:34:47
[ENTRETIEN] Les fauteuils roulants sont-ils vraiment remboursés à 100%?
Le podcast Normand
[ENTRETIEN] Les fauteuils roulants sont-ils vraiment remboursés à 100%?

Dec 16 2025 | 00:34:47

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Show Notes

Dans ce nouvel épisode du Podcast Normand, j’ai rencontré Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes en situation de handicap. Fauteuils roulants intégralement remboursés : est-ce vraiment le cas pour toutes et tous ? Cet entretien aborde des sujets concrets et souvent sources d’incompréhensions : le remboursement des fauteuils roulants, l’accessibilité des transports, l’emploi et les discriminations liées au handicap. L’objectif est d’expliquer, sans caricature ni promesse irréaliste, ce qui est possible à court, moyen et long terme, et ce qui ne l’est pas, dans un esprit strictement informatif et non partisan. La ministre détaille la réforme […]
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Episode Transcript

[00:00:01] Speaker A: Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Normand. Aujourd'hui, je reçois Mme Charlotte Parmentier-Lecoq, ministre déléguée en charge de l'autonomie et des personnes en situation de handicap. Dans cet entretien, nous avons abordé plusieurs sujets très concrets, à commencer par le remboursement des fauteuils roulants, mais aussi des réalités de l'accessibilité, notamment dans les transports, ainsi que la question de l'emploi et des discriminations envers les personnes en situation de handicap. Le but de cet échange est d'expliquer de la manière la plus claire possible ce qu'il est possible de faire à moyen et long terme et ce qui ne l'est pas, sans simplifier à outrance ni promettre des changements immédiats. Et cela bien sûr sans volonté partisane. [00:00:42] Speaker B: Bonne écoute. Alors, nous avons un certain nombre de sujets à traiter aujourd'hui. Quand j'ai demandé à vous voir, c'est dans le cadre notamment du remboursement à 100% des fauteuils roulants. Et quand j'ai traité de ce sujet dans mon entourage et ceux qui me suivent, sur internet, en fait la réponse a été instantanément, c'est gentil, mais nous on n'y croit pas, il y a des loups, il y aura forcément un problème, des plafonds, et donc plein de choses comme ça, et moi en fait, si je viens parler avec vous aujourd'hui, c'est pour éclaircir un certain nombre de ces points, des incompréhensions qui sont nombreuses quand on parle de nouveautés forcément. On est d'ailleurs quinze jours après l'application de cette réforme. Qu'est-ce qu'il en est aujourd'hui ? Qu'est-ce qui est sujet à interrogation ? Qu'est-ce qui est remboursé, pas remboursé ? Qu'est-ce. [00:01:50] Speaker C: Que vous pouvez nous dire ? Qu'est-ce qui est pris en charge ? Ce qui est pris en charge, c'est tous les fauteuils roulants. toutes les catégories de fauteuils roulants, manuels ou électriques, avec des options et des adjonctions différentes, dès lors que ça fait l'objet d'une prescription médicale. Donc la boussole pour construire cette réforme, ça a été de se dire, la promesse du président de la République, c'est qu'on rembourse tous les fauteuils roulants pour répondre à tous les besoins de santé qu'il représente. Et donc, ça a été de faire en sorte que cette réforme tienne bien la promesse. Et ensuite, pour m'en assurer, ce que j'ai voulu faire, c'est mettre vraiment au cœur de la réforme les associations qui représentent les personnes en situation de handicap qui ont besoin de fauteuils roulants. et c'est avec elle que nous avons travaillé vraiment étroitement pour pouvoir se dire quels sont tous les besoins qu'on doit couvrir, comment est-ce qu'on se garantit qu'il n'y a rien qui passe à travers les mailles du filet, qu'on n'a pas de trou dans la raquette, si je donne des images un peu de l'esprit dans lequel on a travaillé. Et on a élargi ce cercle de travail évidemment aux fabricants, et aussi à tous les prestateurs qui font la location, les essais, etc. et au groupe de professionnels qui prescrivent ces fauteuils, en se disant, tous autour de la table, il faut que chacun puisse bien faire son travail, en mettant les personnes au cœur de la réforme toujours, il faut que les modèles économiques soient viables à la fois pour les fabricants et pour les loueurs, mais il faut qu'on ait un système qui soit sain et respectueux de la sécurité sociale, notre assurance maladie, et donc on a construit vraiment ensemble cette réforme. Et puis à un moment donné, mon choix ça a été aussi de dire, on va se fixer une date, et pour cette date-là, la réforme se mettra en œuvre, vraiment avec cet impératif que, quel que soit mon besoin, il puisse être couvert, complètement pris en charge, mais aussi en se disant, c'est une réforme qui est tellement complexe qu'il y aura toujours mille et un petits détails à travailler, à retravailler, et donc en se disant... Exactement, et donc on s'est dit, si on attend de faire la réforme parfaite, formidable, où on est sûr qu'il n'y aura aucun petit quoique ou aucun problème, et que tout le monde sera très très content, dans 50 ans on y est encore. Donc mon choix ça a été de dire, on se fixe une échéance pour cette échéance là, l'objectif c'est que ça tourne, mais on sera aussi dans une logique d'amélioration continue, De quelle sorte, par exemple ? En fait, le programme de travail que j'ai mis en place, de concertation toujours avec toutes les parties prenantes, il continue. Là, juste après la mise en œuvre de cette réforme, et régulièrement on va continuer de se revoir, pour voir s'il y a des choses à corriger. Là, par exemple, on sait qu'une des craintes des associations et des personnes, c'est qu'on ait du mal à trouver les prescripteurs. Donc on a trouvé des solutions pour ça, mais on va quand même analyser comment ça se passe. Est-ce que vraiment c'est difficile ? Est-ce qu'il y a des territoires où c'est plus difficile ? Et on va réfléchir ensemble à toutes les mesures correctives. on va regarder s'il y a des quacks, s'il y a pu avoir des gens à qui on a prescrit un fauteuil et qu'à la fin ça n'allait pas. [00:05:34] Speaker B: Mais normalement, tout ça, on l'a beaucoup anticipé. Et dans des endroits où il y a notamment des déserts médicaux, où. [00:05:39] Speaker C: Ce n'est pas facile ? Il y a des endroits où ça sera plus compliqué, où il y aura plus de délais pour une prescription. Et ça, c'est un peu difficile comme solution à trouver. Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a pris que les prescriptions qui étaient dès le 1er novembre, alors que la réforme s'applique au 1er décembre, on pouvait les prendre en compte. Comme ça, ça mettait un petit peu d'huile dans le rouage. Ce que j'ai fait aussi, c'est que j'ai souhaité que les ergothérapeutes puissent être aussi partie prenante dans la réforme, parce que ça rajoute aussi des professionnels et que c'est des professionnels compétents. On sait qu'il y a tellement une diversité de fauteuils. Ce qui était très important aussi, c'est qu'on puisse avoir un grand choix de fauteuils. Mais ça voulait dire qu'en amont, les fabricants étaient d'accord pour les mettre dans la réforme. Donc, il y. [00:06:34] Speaker B: A eu aussi de longues négociations avec les fabricants. C'est le sens de ma question qui vient avec les fabricants notamment. On me posait souvent des questions de plaçons, par exemple, est-ce que les fabricants acceptent ou non de produire à tel ou tel prix qui soit bien sûr dans des limites d'une gestion d'un bon père de famille par rapport. [00:06:54] Speaker C: Au sujet de la sécurité sociale ? Voilà, c'est pour ça que cette réforme était quand même longue à concevoir parce que ce que nous avons souhaité c'est que pour la personne qui a besoin d'un fauteuil roulant, il n'y a pas de notion de plafond. On ne lui dit pas, vous avez un forfait de 6 000 euros ou un forfait de 10 000 euros. On lui dit, vous allez être pris en charge à 100% pour votre fauteuil, pour les options et pour les adjonctions. Mais ça voulait dire en amont que nous et l'assurance maladie en particulier, on a négocié les prix de vente avec les fournisseurs, en leur disant, nous, on crée des catégories de fauteuils, et les fauteuils de telle. [00:07:41] Speaker B: Catégorie, ils peuvent avoir un prix entre ça et ça. Une fourchette. C'est ça qu'on trouve sur le site, quand on regarde votre FAQ, avant c'était remboursé jusqu'à 600. [00:07:52] Speaker C: Euros, et maintenant ça peut être remboursé jusqu'à 6 000. C'est ça que je n'ai pas compris. Qu'est-ce que ça veut dire ? Il faut qu'on vérifie la FAQ, si elle est encore écrite comme ça et si elle prête à confusion. On a une dernière question, on attend. [00:08:07] Speaker B: Des services pour mettre correctualisé la celle qu'on a sur internet. Moi, je devrais. [00:08:12] Speaker C: Dire que je n'ai pas compris ce que ça voulait dire. Ce n'est pas pour les usagers. Les usagers ne doivent pas voir ces plafonds. Parce que sinon, vous, ça vous met le doute en fait. Oui, mais vous n'êtes pas le seul. Il y a plusieurs personnes qui ont cru. [00:08:31] Speaker B: Que de ce fait-là, il y avait des plafonds de remboursement. En fait. [00:08:34] Speaker C: C'Est un plafond qui concerne le fabricant, s'il existe ce plafond-là. C'est lui, on lui dit, par exemple, les fauteuils de telle catégorie, fauteuils électriques avec telle et telle particularité, vous pouvez les mettre. [00:08:48] Speaker B: Dans un budget de, mettons, 15 000. [00:08:51] Speaker C: À 18 000 euros. Et s'ils vont au-delà ? Et s'ils vont au-delà, ils ne rentrent pas dans la catégorie, ils ne seront pas remboursés. Mais on a toutes les catégories de fauteuils qui sont bien remplies de plusieurs sortes de fauteuils. C'est ce qu'il fallait. Donc, en fait, on a négocié avec eux de manière à ce qu'eux, ils s'y retrouvent. C'est-à-dire qu'eux, dans leur modèle économique, ils ont besoin aussi de pouvoir faire des marges. Mais il fallait que les marges restent raisonnables pour l'assurance maladie. Donc, c'est tout un deal qu'il a fallu trouver. Oui, on les a appelés à jouer le jeu. Après, ils y ont aussi intérêt, puisque forcément, les usagers vont plus aller vers un fauteuil qui est pris en charge à 100% qu'un fauteuil qui serait complètement hors circuit, alors qu'il y aurait en face d'autres offres possibles. Donc tout le monde a intérêt à être dans la démarche, mais il faut le faire dans le respect de chacun. Il faut d'abord le faire pour la personne. Donc la personne, elle a droit à un fauteuil qui correspond exactement à ses besoins définis par prescription médicale. Et elle a droit aux options et à jonctions qui correspondent. Elle a une prise en charge à 100%. Elle ne doit pas avancer de frais. Elle a un interlocuteur unique. La CPAM, elle n'est plus obligée de faire 36 dossiers différents. et on lui garantit la qualité de son fauteuil parce que ce sont des fauteuils qui sont certifiés par un organisme indépendant qui vérifie la qualité. D'ailleurs, on a renforcé les normes de qualité à l'occasion de cette réforme. Ensuite, les fabricants doivent garantir que le produit correspond bien aux critères de qualité qu'on leur a demandé. qu'il est bien dans les fourchettes de prix qu'on leur a fixées. Et la contrepartie, ça lui ouvre aussi un marché très sécure, puisqu'il va pouvoir vendre ses produits dans les meilleures conditions, de rapidité, etc. et à la sécurité du financement aussi pour ses clients. Et on sait aussi que pour les personnes concernées, c'est la garantie de pouvoir choisir vraiment le fauteuil dont on a besoin et pas de devoir prendre un fauteuil un peu moins bien parce. [00:11:03] Speaker B: Qu'On n'arrive pas à payer complètement celui qui serait le plus adapté. Dernière question que j'ai sur ce thème, c'est une. [00:11:09] Speaker C: Question qu'on m'a beaucoup rapportée. Qu'en est-il des fauteuils de douche ? Les fauteuils de douche ne sont pas pris en compte dans cette réforme. Cette réforme prend en compte les fauteuils roulants, c'est-à-dire vraiment le fauteuil qui permet dans sa vie quotidienne de faire tous les mouvements dont on a besoin dans sa vie, et puis de se déplacer, de se rendre à l'école, à son travail, de sortir dans la rue. Le fauteuil de douche, pour nous, n'est pas considéré comme un fauteuil roulant, mais c'est une aide technique dont on a besoin et moi je suis quand même assez effaré quand j'ai entendu les tarifs de ces fauteuils de douche qui me semblent quand même démesurés et donc je crois qu'il y a un travail à faire et ça je. [00:11:55] Speaker B: Vais m'y atteler prochainement mais de façon plus large sur les aides techniques. Quand vous dites démesuré, ça veut dire que. [00:12:01] Speaker C: Par rapport au matériel, au coût de fabrication réel que ça implique, c'est démesuré ? Moi, ça me paraît démesuré. Donc je vais prochainement mettre un peu mon nez là-dedans et de façon un peu plus globale, les questions d'aide technique. [00:12:18] Speaker B: Pour un peu mieux comprendre Pourquoi on a des tarifs comme ça aussi élevés ? Ce. [00:12:23] Speaker C: Serait un objectif à terme de pouvoir au moins les rendre plus accessibles ? Bien sûr. Pour moi l'objectif c'est que toutes les aides techniques on puisse les rendre beaucoup plus facilement accessibles. Et je pense qu'il y a vraiment beaucoup de choses à faire, d'abord les connaître, les faire connaître. Et puis, il y a un enjeu aussi très important dans notre champ, c'est d'être capable de bien identifier les innovations qui existent et de faire en sorte de ces innovations, les exploiter et les diffuser le plus largement possible. Il y a beaucoup d'innovations qui peuvent vraiment aider à rendre accessible notre environnement à tout un chacun et qui. [00:13:12] Speaker B: Peut aussi faire parfois baisser les. [00:13:16] Speaker C: Besoins de compensation parce qu'on peut être plus à l'aise. Et parce qu'on avance aussi technologiquement. Mais il y a des tas d'outils technologiques qui sont extraordinaires. Tout le secteur de la handicap déploie des innovations extrêmement. [00:13:37] Speaker B: Intéressantes et on a tout intérêt à les élargir, à les rendre grand public parce que... Après, c'est toujours le problème, mais là, on rentre dans un sujet qui est purement économique. Ce n'était pas le sujet premier de ce podcast-là, mais après, il y a toute une guerre commerciale entre différents acteurs qui veulent s'accaparer certaines matières premières, et ce sujet-là n'y sera malheureusement pas... Oui, tout. [00:13:59] Speaker C: À fait. On va devoir s'adapter, en quelque sorte, après un certain nombre de difficultés aussi. Bien évidemment, mais il y a aussi, je pense, énormément d'opportunités. L'IA, elle comporte des risques, c'est vrai, mais elle comporte aussi de grandes opportunités. Donc moi, je pars toujours du principe que quand il y a un problème à résoudre, il faut chercher toutes les solutions. Et en cherchant ces solutions, peut-être que parfois on va s'orienter vers une piste, ça ne sera peut-être pas bonne, ou peut-être qu'à la fin, on n'y arrivera pas, mais en le faisant, on va avoir d'autres solutions qui vont émerger. Donc moi, je crois beaucoup à ça. Il faut ne jamais rien lâcher. Ma conviction, c'est qu'en matière d'accessibilité, la première réponse, c'est qu'il. [00:14:50] Speaker B: Faut la volonté, en fait. S'il y a la volonté politique d'agir, on trouve des solutions. Est-ce que vous pensez qu'il y a un manque de volonté politique globale ? Je m'explique. Je rentrerai peut-être dans le détail de ce que je dis, parce que c'est la question. Quand je dis un manque de volonté politique globale, c'est depuis 50, 60 ans. Pour. [00:15:09] Speaker C: Le biais qu'ici à Paris, par. [00:15:10] Speaker B: Exemple, quand Suljance Bienvenu a conçu le métro parisien en 1900... Il n'avait pas pensé à tout. Il n'avait pas pensé à tout. Il n'y avait pas de volonté politique, ça n'existe pas, ni même dans l'ingénierie, ou quand je pense à Auguste Perret-Webb qui m'a invité dans l'Aveco, c'est-à-dire des personnes en situation de handicap. Est-ce qu'il y a aujourd'hui, en tout cas un peu plus qu'avant, est-ce qu'il y a une réelle volonté politique transpartisane, si on peut utiliser ce gros. [00:15:39] Speaker C: Mot aujourd'hui dans cette atmosphère, de faire quelque chose au sujet de l'accessibilité ? Mon sentiment, c'est oui. D'abord, il y a eu des grandes lois. On peut citer la loi de 2005. Il y a eu des boosters, comme dernièrement les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Et de manière globale, le gouvernement est très engagé sur les questions d'accessibilité. C'était notre thème d'ailleurs du dernier comité interministériel du handicap, où on a aussi repris des engagements sur l'accessibilité des établissements qui reçoivent du public, des établissements prioritaires portés par l'État. qui doivent, à notre sens, vraiment être complètement aux normes le plus rapidement possible. Nous, on continue d'avancer à travers différents décrets, comme ceux des bâtiments à usage professionnel, à réaffirmer ça. On a demandé aussi au préfet d'être dans une posture de contrôle et maintenant de sanction. Lorsque les règles d'accessibilité n'étaient pas respectées, Mais au-delà de ça, je pense qu'il y a une volonté politique assez transpartisane. On le voit, c'est quand même un sujet qui fait régulièrement l'objet de préoccupations de tous les bords politiques de l'Assemblée nationale et du Sénat. Ce sont des thématiques aussi sur lesquelles on arrive à obtenir de l'unanimité au Parlement et du soutien. Par exemple, sur les fauteuils roulants, il y a vraiment eu unanimité pour soutenir la loi de financement de la Sécurité sociale. En tout cas, cette partie-là de cette loi, pour s'assurer que la réforme soit bien portée. J'ai envie de regarder le verre à moitié plein. et il y a une volonté qui se constate dans de très nombreuses communes. Moi qui me déplace partout en France, partout dans tout notre territoire national, dans des zones très rurales, dans des zones montagnardes, dans des zones d'outre-mer, dans des zones très urbaines, je vois des différences notables en fonction de est-ce que le maire et l'équipe municipale est engagé ou pas sur le sujet. Et quand l'équipe municipale est engagée, on arrive vraiment à déplacer des montagnes. Donc, il y a cette volonté politique. On ne doit pas accepter le « c'est trop compliqué, ça coûte trop cher », parce que même si c'est compliqué, si ça coûte cher, il y a des solutions qui existent. Donc, il faut d'abord aller chercher ces solutions. Et moi, j'ai souhaité aussi concevoir une boîte à outils à destination des élus locaux. qui répertorie de bonnes idées que j'ai pu voir un peu partout dans le territoire national. Et c'est aussi pour donner de l'inspiration aux élus locaux qui ont envie de porter des projets. Et moi, je crois que là, il y a un énorme enjeu avec les élections municipales qui. [00:18:46] Speaker B: Arrivent à ce que les électeurs soient très exigeants sur la dimension d'inclusion et d'accessibilité dans les programmes au municipal. Justement, vous faites le bien de le dire, c'est à cet esprit-là d'ailleurs que moi-même j'existe et que vous êtes invités sur le podcast Normand puisque j'ai créé ce podcast en ayant à l'esprit de pouvoir interpeller le personnel politique quel qu'il soit d'où qu'il vienne. pour l'alerter sur ces sujets parce que je trouve malheureusement qu'on n'en parle pas assez dans les médias. D'ailleurs, il y a. [00:19:20] Speaker C: Des sites de l'ARCOM. [00:19:21] Speaker B: Qui existent et qui disent que c'est à peu près un pour cent du temps d'antenne. C'est beaucoup trop peu. C'est beaucoup trop peu, on en parle trop peu et en général, quand je reçois, puisque j'en reçois maintenant des élus locaux qui me disent mais on ne m'a jamais posé de... aucun journaliste ne m'a posé de questions en fait sur ce sujet. C'est pour ça que je suis là et que je compte interpeller un certain nombre d'élus que je peux croiser. que ce soit d'envergure nationale ou locale sur ce sujet, parce que je trouve que c'est fondamental. Cette parenthèse étant refermée, deuxième sujet, mais c'est le premier moment de la conversation qu'on est en train d'avoir, c'est justement quand on parle d'accessibilité pratique, en parlant notamment des transports, on pourrait vous le cacher, je suis venu en métro, Moi j'ai ce qu'on appelle une déplaisie spastique ou un syndrome de Little, appelez ça comme vous voulez. Moi j'ai du mal à me déplacer, bon je peux marcher mais effectivement en métro, la ligne 13, j'ai quelques difficultés à monter les marches. Les marches il y en a beaucoup dans Paris. Bon alors, moi je vois un peu tout et n'importe quoi comme chiffre, parce qu'évidemment il y a eu des extensions de lignes dans la capitale. diverses et variées. Moi j'ai cru comprendre qu'aujourd'hui, alors c'est un des chiffres que j'ai, on va corriger, c'est qu'il y a 28 stations sur 309 qui sont pleinement adaptées et que j'ai cru voir qu'il y en aurait à terme 45, que ça aurait déjà dû être le cas mais que ça ne l'est pas encore. Je sais. Évidemment, je ne vais pas non plus essayer beaucoup trop peu. C'est évident. Mais au-delà de ça, moi, ce que j'aimerais que vous puissiez dire à nos auditeurs, c'est pourquoi c'est si peu ? Pourquoi. [00:21:12] Speaker C: Même si on peut améliorer des choses, pourquoi ça reste malgré tout très compliqué ? À quoi on peut s'attendre à l'avenir ? En fait, pour la question du métro parisien, le problème, c'est que c'est ce que vous disiez tout à l'heure, au départ de sa conception, il n'a pas été conçu pour prendre en compte les personnes à mobilité réduite. Et c'est pour ça d'ailleurs que je fais cette boîte à outils et que je veux pousser pour que les élus. [00:21:39] Speaker B: Locaux s'en saisissent aux élections municipales. Parce que quand on travaille un projet nouveau. [00:21:46] Speaker C: Il faut penser accessibilité et inclusion dès le départ. Pourquoi forcément un projet nouveau ? Un projet nouveau, on est d'accord, mais pour l'ancien, Alors oui, je vais revenir là-dessus, mais c'est vraiment pour dire qu'on a absolument besoin de prendre en compte la dimension d'accessibilité et d'inclusion dans l'amont de tout projet, dans la genèse de tout projet. C'est ce qui permet de s'assurer que par la suite, ça va bien dérouler. Contrairement aux situations comme celle du métro parisien, où le rendre pleinement accessible devient techniquement presque impossible. Puisqu'en tout cas, moi, c'est ce que l'on m'a expliqué, c'est qu'on peut, au prix de travaux très importants, qui se chiffrent en plusieurs milliards d'euros, voire dizaines de milliards d'euros, et donc plusieurs années, voire plusieurs décennies, on peut rendre progressivement accessible le métro parisien. Mais on ne pourra pas le faire complètement partout, compte tenu du fait qu'il y a certaines galeries qui sont extrêmement fines et qui s'enchevêtrent les unes entre les autres. faisant que pour des questions de sécurité et des questions vraiment de faisabilité technique, on ne peut pas tout refaire. Par contre, un, toutes les nouvelles lignes, évidemment, elles doivent être pleinement accessibles. De toutes les lignes existantes, il faut les rendre accessibles au maximum de handicaps. Si ce n'est pas pour toutes les mobilités réduites, il faut qu'elle soit accessible pour toutes les personnes déficientes visuelles ou qui peuvent rencontrer des difficultés pour se repérer, etc. Et trois, il y a un travail de programmation qui se fait pour pouvoir progressivement amener à transformer certaines stations et certaines lignes, à les rendre accessibles. Quand il y a des nouveaux chantiers, des nouveaux travaux, elles doivent faire l'objet de travaux spécifiques. Mais c'est sûr que s'il avait été pensé dès le départ, et on peut se dire qu'on aurait pu puisque c'était quand même après la première guerre mondiale, ils auraient pu penser aux victimes, on n'aurait pas ces difficultés-là. Pour autant, après, il y a d'autres solutions qu'il faut aussi aller rechercher, notamment des solutions de transport en commun par le bus, de soutien par les taxis, par des navettes. Il y a un certain nombre de solutions supplémentaires qu'il faut aller chercher. Aujourd'hui, on a tout le réseau de bus francilien qui est accessible. On développe aussi d'autres solutions et en fait, ce qui est très souhaité, c'est le transport à la demande, mais qui doit pouvoir aussi s'améliorer. Je sais qu'en Ile-de-France, il y a des souhaits d'amélioration sur les horaires, sur la nécessité d'anticiper. Et puis, il y a des territoires. [00:24:54] Speaker B: Où c'est vraiment la commune ou l'intercommunalité qui s'est pleinement mobilisée pour trouver des solutions très locales. qui sont souples et qui fonctionnent bien. Dernier thème que je voulais aborder avec vous, j'ai un témoignage que j'ai rapporté quand j'ai fait mon stage chez France 3 Normandie il y a deux semaines, dans le cadre notamment de la semaine sur l'emploi. J'ai un témoignage de Rachel qui a 50 ans et qui cherche à faire une reconversion professionnelle et elle l'a exprimé. Avoir fait face, malheureusement, comme beaucoup, à un certain nombre de discriminations à l'embauche. Et en fait, ce n'est pas des questions. [00:25:38] Speaker C: Qu'Elle avait, mais c'était des souhaits qu'elle. [00:25:39] Speaker B: Émettait. Elle aimerait plutôt savoir, par exemple, comment vous réagissez par rapport à ces problématiques-là, et ensuite... C'est parce qu'elle. [00:25:49] Speaker C: A un handicap. [00:25:49] Speaker B: Qu'Elle est discriminée, c'est ça ? Oui, je ne l'ai pas dit, je vais le redire, elle est atteinte de surdité bilatérale. Ah d'accord, ok. Et donc en fait, elle dit, dans ses mots à elle, qu'il serait préférable d'augmenter les amendes, les sanctions envers ceux qui n'ont. [00:26:09] Speaker C: Pas employé le bon quota de personnes en situation de handicap. Comment vous réagissez par rapport à ça et à cette question notamment des sanctions ? Alors moi, la question de l'accès des personnes en situation de handicap à l'emploi, c'est non négociable. C'est-à-dire que chacun doit pouvoir travailler sa place dans le travail. Ça veut dire qu'il faut qu'on change aussi les regards et les mentalités, en considérant que toute personne, quelle qu'elle soit, qu'elle ait un handicap ou pas, et quel que soit son handicap, elle a des envies, elle a des compétences, une motivation, une volonté de faire les choses. Et donc ensuite, il faut pouvoir trouver la bonne manière de faire exprimer ses compétences et l'environnement dans lequel elles vont pouvoir pleinement s'exprimer. Donc nous, on a une politique qui est partagée avec Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, qui est très volontariste et on souhaite que, et c'est ce qui se met en place, c'est que France Travail, qui intègre maintenant les CAP emplois, qui étaient auparavant les structures dédiées à l'emploi des personnes en situation de handicap, soit vraiment imbriquée ensemble, créer les teams handicap. et ils ont ce savoir-faire pour pouvoir à la fois aller vers les entreprises, aider à matcher des entreprises avec des candidats et proposer aussi des solutions. d'accompagnement, d'aménagement du poste. On a renforcé ça justement cette année avec une nouvelle convention avec l'AG FIP et le FIP pour que ce soit plus facile aussi pour les employeurs de trouver les solutions de financement des aides au poste, d'aménagement de poste. Et on a renforcé aussi les choses avec l'emploi accompagné qui concerne beaucoup les handicaps invisibles. et qui permet d'avoir un professionnel du médico-social qui fait un peu l'interface entre la personne et l'employeur pour bien se comprendre et savoir dans quelles conditions les compétences vont pleinement s'épanouir. Je pense par exemple à une jeune femme qui a été diagnostiquée autiste à 21 ans, qui a pu, grâce à l'emploi accompagné, trouver les conditions d'application d'exercice de son métier, qui est un métier de vente avec beaucoup de public, pour que ça se passe bien et que ça soit vraiment en cohérence avec les besoins aussi de son employeur. Et donc on met en place un certain nombre de solutions pour que les entreprises trouvent le bon candidat. Il y a un outil aussi que je peux recommander à votre auditrice qui s'appelle Handimatch, qui est en fait une plateforme qui permet de référencer tous les candidats en situation de handicap, demandeurs d'emploi. qui peuvent dire librement leur handicap et aussi, évidemment, leur compétence est là où ils ont envie de travailler. Et en face, dans ce handi-match, on a les employeurs qui sont proactifs vers l'emploi des personnes en situation de handicap en disant, nous, on est prêts à y aller. Vous pouvez nous dire quel est votre handicap et on va s'organiser pour vous intégrer. Et sur la surdité, eh bien, on a des. [00:29:24] Speaker B: Tas d'exemples de personnes qui arrivent à travailler en milieu ordinaire, Ce qu'il faut c'est de la volonté et ensuite on se charge de mettre l'accompagnement. C'est un peu ce que Rachel sous-entend, c'est ce que vous avez dit au début de culture, c'est-à-dire que c'est ce que Rachel explique, elle dit parfois les entreprises ont peur qu'on les retardent dans leur travail. Il y a des employeurs qui ne sont pas forcément prêts aussi à recevoir, malgré la loi. [00:29:53] Speaker C: Malgré ce que vous pouvez observer, des personnes en situation de handicap, peut-être parfois aussi indirectement parce que ça leur rappellerait un propre état de faiblesse. Peut-être, après je pense que c'est surtout par méconnaissance du handicap, c'est pour ça que l'école inclusive pour moi c'est un enjeu majeur. parce qu'il faut que les enfants grandissent ensemble. C'est ce qui permet et qui permettra à terme de changer le regard sur le handicap. Vous rappelez que le handicap, ça nous concerne tous, à un moment donné dans notre vie. [00:30:31] Speaker B: Et il n'y a pas d'option. En fait, ce n'est pas une option. C'est. [00:30:35] Speaker C: Une obligation légale. On doit l'appliquer. Il peut y avoir des sanctions. Est-ce qu'on règle la problématique des entreprises récalcitrantes par la sanction ou de l'augmentation ? C'est les deux, en fait. Il y a d'une part la sanction. Ce qu'on va réaffirmer aussi, et on est en train de commencer ce travail avec les organisations patronales et les organisations syndicales, ce qu'on va réaffirmer, c'est qu'il ne doit plus y avoir de liste d'emplois restreints à des personnes en situation de handicap. On doit regarder poste par poste et personne par personne. Mais quel que soit son handicap, on peut trouver un poste qui nous correspond. Il faut qu'on change vraiment notre regard collectivement sur notre société. Et les. [00:31:23] Speaker B: Entreprises, moi je rencontre beaucoup d'entreprises qui ont compris ça et qui sont super. [00:31:29] Speaker C: Proactives et qui expliquent qu'elles en font un vrai levier de performance aujourd'hui. Et c'est des entreprises qui sont dispatchées partout sur le territoire ? Ce qu'on voit beaucoup, c'est des grandes entreprises. qui ont décidé de faire de la question de l'inclusion un vrai enjeu dans leur politique managériale. Ils en font un levier d'attractivité vis-à-vis des jeunes. Ils en font un leitmotiv aussi parce que quand vous êtes capable de mieux prendre en compte certaines vulnérabilités, vous pouvez le faire de meilleure façon pour tous vos salariés, finalement. Et donc tout ça, c'est très bénéfique de manière globale. Et elles voient bien, celles qui font ça, qu'elles ont moins de turnover, elles ont moins d'absentéisme, elles ont moins de coûts liés au manque de motivation ou au sentiment qu'on est dans une entreprise un peu inhumaine. Et puis, toutes les entreprises, elles vont devoir aussi se pencher sur la question des gens qui travaillent et qui sont aidants. puisqu'avec le vieillissement de la population, on va tous à un moment donné être des aidants. Donc les entreprises aujourd'hui, elles sont aussi, en. [00:32:42] Speaker B: Tout cas celles qui sont assez modernes, elles sont en quête de réponses et de solutions parce que ce sont des enjeux de gestion des ressources humaines majeurs. Dernière question, l'année prochaine se tiendra la grande conférence nationale sur le handicap. Je crois d'ailleurs que c'était à cette occasion, mais c'est de mémoire que je dis ça, que la réforme sur le remboursement des fauteuils roublants avait été annoncée par. [00:33:08] Speaker C: Le président de la République, de mémoire. Est-ce qu'il faut s'attendre à des choses qui peuvent éventuellement être annoncées dans le cadre de cette conférence ? Oui, la Conférence nationale du handicap, c'est un très grand moment. C'est un temps très fort dans nos politiques d'inclusion et d'engagement aussi, puisque c'est tous les trois ans, ça mobilise l'ensemble du gouvernement. Et c'est à cette occasion, d'ailleurs, qu'on va faire un peu le point sur les engagements qui ont été pris depuis 2023. Effectivement, pour accocher la case prise en charge intégrale des fauteuils roulants et de cet engagement qui a été pris par le président de la République. En fait, ça emporte vraiment tous les champs de la société en termes de d'écoles inclusives, en termes d'emplois. Tout ce qu'on est en train de déployer aujourd'hui, c'est les conséquences des engagements qui ont été pris à la CNH. J'étais ce matin avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. On a avancé aussi dans les universités pour les rendre plus accessibles pour les étudiants. Et donc oui, ce sera là aussi un nouveau temps d'engagement très fort. de la. [00:34:22] Speaker B: Part du président de. [00:34:22] Speaker C: La République et puis de. [00:34:23] Speaker B: Façon plus globale, de la part de. [00:34:25] Speaker A: La nation française à destination de ses propres membres en situation de handicap. Je vous remercie beaucoup. Merci à vous. Merci.

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